Les accessoires
Le fameux miroir qui agrandit une pièce n’est pas un mythe, même s’il est là pour tromper l’oeil. Il est délicat à utiliser en grande surface, car c’est de la lumière qu’il joue et il peut la détourner suivant la direction du regard. En fait, il perd son côté froid et un peu magique dès lors que l’harmonie visuelle qu’il reflète est bien achevée. Mais il reste de verre et si ce matériau n’a trouvé place dans les appartements qu’en plans horizontaux, c’est qu’il est sans valeur décorative propre. Il supporte agréablement le contraste des choses qui sont posées sur lui, mais rien n’engage à l’employer seul, sauf s’il est en forme de brique plate ou de vitre style « cathédrale ». Alors, il devient instrument de la lumière.
Les graphismes que l’on accroche au mur peuvent modifier l’atmosphère d’une pièce. Un musée n’a rien d’habitable et un appartement musée est lassant. Mais la vogue des lithographies et posters vise autant la « présence » décorative que l’art. Ne jamais oublier qu’une belle toile attire l’oeil tout de suite et qu’après le premier moment de contemplation, l’environnement du tableau sera soumis à une comparaison sévère.
Raison de plus pour que les graphismes et leurs cadres concourent à modifier les défauts d’une pièce : placée au dessus d’une porte trop basse, une gravure de même largeur donnera une impression de hauteur.
Les rideaux sont souvent le point délicat dans un appartement contemporain. Eviter absolument d’entourer la ou les fenêtres de draperies, d’embrasses, de cantonnières surchargées. Tous les steres peuvent au contraire être utilisés : stores à l’italienne, stores à lattes verticales, stores automatiques en toile ou plastique ajouré, stores en accordéon..
Si l’on tient aux doubles rideaux, ceux ci seront de la plus grande sobriété : droits et sans embrasses, à tringle, aux anneaux apparents ou cantonnière en acier, par exemple. Couleur et matière des rideaux devront se fondre dans celles des murs et de l’ensemble de la pièce et toujours jouer la simplicité. Les voilages classiques sont également à proscrire. Si l’on ne peut laisser la fenêtre nue, choisir alors des voilages en filet, à alvéoles, etc.
Les statuettes, bibelots et collections d’objets originaux sont maintenant exposés parfois excessivement. Leur nombre est plus en cause que leur taille dans cette critique. La statuaire moderne, aux formes souvent longilignes, n’autorise pas la promiscuité de beaucoup de pièces. En revanche les formes modernes de vases, coupes et plateaux offrent une multitude de possibilités depuis que le cendrier a envahi la plupart des foyers et s’est transformé en objet décoratif.
Un nombre limité de ce genre d’objets, bien répartis çà et là, ponctuera un décor en le personnalisant. Mais toute surface horizontale n’est pas forcément un support comme le voudrait l’affligeante tradition des pendules de cheminée. Il ne faut pas tomber dans les errements de la bourgeoisie louisphiipparde qui, héritant des demeures de la fin du XVIII° siècle, aux murs plats percés de niches, y logea avec ostentation tout ce qui pouvait ressembler à une statue

