Fausses s�parations : les cloisons
L’ANIMATION DES MURS
Une pièce n’est pas toujours formée de parois lisses, uniformes et rectilignes. Souvent, les murs comportent des irrégularités, accidentelles ou aussi voulues que les niches, renfoncements ou pans coupés. Il se peut que certaines d’entre elles se révèlent être de trop, dans une nouvelle organisation, par exemple, parce qu’elles se trouvaient trop ramassées dans un seul coin. En revanche, il se peut que leurs dimensions soient amenuisées dans un nouvel espace et qu’il faille les agrandir, les prolonger, leur donner une symétrie. Si l’on réunit, par exemple, deux pièces anciennes dont une seule possédait une cheminée, il faut s’attendre à un déséquilibre choquant. A ce stade, l’art de la décoration doit donner toutes ses possibilités pour prévoir l’aménagement en fonction des disproportions.
FAUSSES SEPARATIONS LES CLOISONS MOBILES
Si les cloisons sont considérées comme les éléments les pins susceptibles de concourir à la décoration d’une pièce, cette notion tend à être remise en cause par la prédominance de l’organisation de l’espace. Il ne s’agit pas tant d’accrocher ou d’appuyer des choses, qui peuvent être belles, que de créer, non pas un entourage, c’est à direune limite supportable, mais une harmonie d’espaces chaleureux et pénétrables sans effort. Les cloisons dans une grande pièce, isolent, mais ne renferment pas, d’où la vogue des cloisons mobiles, qui se trouvent dans le commerce ou peuvent être le pur fruit de l’imagination. Un intérieur moderne accueillera aussi bien qu’une grande pièce de style une cloison coulissante en papier de riz, d’inspiration japonaise, par exemple. Une pièce plus simple, même très moderne de facture, s’accommode parfaitement d’un store relevable, d’une cloison ou porte en accordéon, d’un rideau de bois ajouré coulissant ou de tout autre structure amovible dont l’isolation se révèle suffisante. Des rideaux de tissu décoratifs et très sobres ont également un très bon effet, d’autant plus, s’ils s’harmonisent avec les matériaux de l’ensemble. Evidemment, certaines solutions devront être écartées si l’on exige par dessus tout une bonne isolation sonore. La cloison mobile ne date pas d’hier ; le paravent, de style ou décoré de motifs modernes, était partout présent dans l’ancien empire de Chine, et rien n’a été fait de plus mobile et polyvalent depuis. Puisque la raison d’être des séparations mobiles est d’isoler sans rompre, ce qui pourrait bien être la meilleure définition de l’intimité, l’implantation des séparations mobiles doit être soigneusement étudiée en fonction des trajets de circulation d’un espace à l’autre, à l’intérieur de la pièce et même de l’extérieur. Mais la séparation, si elle s’imagine d’abord verticale, du sol au plafond, peut être réalisée harmonieusement par toutes sortes de procédés un long bahut à un corps supportant des objets d’art crée une séparation visuelle où le regard marque une pose, un rideau de plantes d’appartement ou même d’arbustes supportant le chauffage d’appartement, un placard à portes coulissantes peuvent élégamment remplir le même office qu’une jalousie en bois ajouré. Quand l’espace est créé, l’animer, ce n’est pas le compartimenter à l’infini, c’est s’y retrouver. Un des avantages des séparations amovibles est de pouvoir souffrir des modifications selon l’humeur ou l’arrivée d’un élément nouveau. Comme dans les jeux d’enfants, il faut pouvoir reconstruire l’espace selon les situations. Dès que l’on aborde ce chapitre, la décoration de chaque salle de séjour devient une oeuvre unique. C’est pourquoi on trouve peu d’adeptes des solutions lourdes, comme les cloisons mobiles sur rails, qui imposent de découper la moquette ou d’installer des rails parmi les lattes du plancher.
PROBLEMES DE HAUTEUR
L’équilibre architectural d’une pièce peut être complètement détruit par la situation du plafond : trop bas, il donne l’impression de loger dans une « cage à lapin », trop haut, il glace les meilleures trouvailles décoratives et incite à la solitude. Sans grands travaux, on peut, en tous cas, corriger une hauteur sous plafond excessive (4 mètres parfois, dans certaines maisons d’il y a deux ou trois siècles !)
LE PLAFOND TOTAL
Le plafond n’a jamais été conçu séparément du reste d’une pièce il se peut donc qu’en l’altérant, on détruise l’équilibre d’une belle salle ancienne. Mais si les aménagements et dispositions prévus concernent un style de vie très axé sur le repos, l’intimité, la chaleur, on peut sacrifier un peu de la solennité séculaire en faisant installer à la hauteur désirée des plaques préfabriquées, fixées sur chevrons, qui seront ensuite enduites comme un plafond ordinaire. Toutefois, la présence de hautes portes et fenêtres, si elle est déterminante dans l’atmosphère de la pièce, suffirait à rompre toute harmonie dans une pièce au plafond rabaissé.
LES FAUX PLAFONDS APPARENTS
Dans un grand nombre de cas, une pièce imposante peut s’accommoder d’une multitude de trouvailles agréables à l’oeil et qui permettent de recomposer de plus bas un éclairage : du reste, même si le volume nes’yprêtepas, onconstate quela vogue des « spots » d’éclairage a fait proliférer les faux plafonds, puisque le béton est trop difficile à utiliser.
Il n’en reste pas moins que la nécessité qu’éprouvent les architectes d’aligner les plafonds de toutes les pièces d’un appartement peut très bien ne pas être partagée par l’utilisateur : une entrée est souvent très haute de plafond, sans que cela soit impératif. On connait depuis dessiècles lesplafonds à caissons, grâce auxquels les architectes de la Renaissance réchauffaient un peu leurs immenses salles. A notre époque, la vogue des plafonds laqués de la même laque que les murs, ou tapissés du même papier, incite facilement à modifier un espace d’autant plus neutre et omniprésent que les lampadaires suspendus se sont faits exceptionnels.
LE FAUX PLAFOND PARTIEL
Si l’on répugne à modifier intégralement la perspective initiale d’une pièce haute, et que cette pièce est à multiples usages, pourquoi ne pas souligner l’intimité d’un coin atmosphère en n’installant un faux plafond qu’au dessus de lui ? Certes, tous les volumes de la pièce en devront être révisés, mais on obtiendra de toutes façons une impression bien nette de diversité en peu d’espace. Au dessus de la bibliothèque, du coin repos ou près de la cheminée, le faux plafond partiel, instrument idéal pour encastrer les dispositifs d’éclairage ou pour créer quelques niches hautes destinées à des objets fragiles, ne détruit pas la hauteur, mais la fait oublier si l’on en sent le besoin.
LES FENÊTRES ET LES PORTES
Elles s’imposent, et dans le cas d’une maison ancienne, il est bon d’en observer l’orientation : les unes sont faites pour la lumière, qui n’a pas toujours été artificielle, les autres pour la commodité d’usages qui sont parfois révolus.
Organiser l’espace : les formes et les volumes
Ces portes en fenêtres, de par leurs dimensions en emplacement, peuvent donc contrarier l’architecture intérieure d’un logis. En revanche, les ouvertures peuvent toujours avoir un effet décoratif primordial, en rompant les longues surfaces des murs et en diffusant selon l’heure, des lumières différentes à l’intérieur de l’habitation.
Modifier une fenêtre est presque aussi important qu’abattre un mur, et peut être même plus, puisqu’il faudra modifier l’extérieur de l’immeuble.
Avant de s’y décider, là encore, il convient de bien s’assurer qu’un remède ne peut être trouvé dans le choix des voilages et rideaux.
On distingue deux types de portes la plus traditionnelle, assez fréquente à la campagne, possède deux battants hauts de 2,40 mètres à 3 mètres pour une ouverture totale de 1,3Omètre à 2 mètres. Aujourd’hui, même dans les pièces de réception, la plupart des portes sont à un seul battant haut de 2 à 2,20 mètres et large de 70 cm à 1 m. En outre, les portes coulissantes rendent de plus en plus de services dans les logements de faible superficie. Le fait d’entrer dans une pièce ou d’en sortir est aussi un acte social, qui n’a cessé de se modifier.
De toutes manières, si l’on « dérobait » autrefois une porte génante, il y a une multitude de moyens, aujourd’hui, pour effacer une impression disharmonieuse : le trompe l’œilrevient avec humour àla mode,
Séparant la salle à manger du salon : cette cloison en verre fumé coulissant sur de fins rails, discrètement encastrés au plafond et au sol.
l’alternance des matériaux sur une même paroi permet de transformer une porte en élément intégré de décoration, etc. On n’utilise plus le procédé de la tenture dite « portière » recouvrant une porte côté intérieur, qui vieillissait mal. La portefenêtre a toujours joué un rôle particulier presque entièrement conditionné par l’extérieur jardin, terrasse ou même balcon. Source de lumière, elle est aussi point de vision, et il est déconseillé de la modifier, car elle constitue un point de passage de la maison. A l’inverse, on la trouve de plus en plus dans les résidences de campagne, qu’elles aient été « retapées » ou qu’elles soient neuves.
S’il peut arriver que des volets intérieurs, datant du siècle dernier, soient en bon état, il y a tout intérêt à les conserver. Ils sont d’un maniement très commode comparés aux huisseries modernes.

