Eclairage et décoration
Non, l’abat jour de nos grand mères n’est pas mort ! Certaines trouvailles de brocanteurs font merveilles, et la lampe articulée éclairant un plan de travail est une résurrection par la bande de la suspension des antiques salles à manger. L’abat jour, qui prendra beaucoup plus d’extension lorsque la mode des spots aura atteint ses limites, a l’avantage de participer à la décoration d’une pièce par son matériau tissu, plastique, papier, métal. Objet discret, il se borne à éclairer, parfois à mettre en valeur un support qui lui est adjoint statuette, récipient original, bloc minéral, porcelaine.
Un luminaire est toujours un allié précieux parce que, lui, n’oublie jamais que sa fonction est d’éclairer. A nous de saisir dans les relations de l’espace d’une pièce son importance, sa forme et sa facture. Autrefois, l’effet décoratif n’était pas recherché dans la bougie, mais dans son chandelier ou bougeoir. La lampe à pétrole et le sinistre bec à gaz obéissaient à la même logique.
Les fautes que celui ci révèle alors, seront ressort de la décoration et la lumière, première révèlatrice, y participera toujours comme élément correctif de premier ordre. Au fond, si quelques peintres non conformistes n’étaient pas allés chercher la lumière où elle se trouvait, dans les guinguettes, en forêt, au long de la rampe de l’Opéra, l’architecture d’intérieur n’aurait peut être pas adopté si vite la lumière comme élément dominant. L’impressionnisme peignait la lumière, chacun peut artistement sculpter son espace de vie dans la lumière, utilisant modèles et couleurs comme sur une palette.

