Le style Louis XIV
Louis XIV va s’entourer d’innombrables artistes tous plus brillants les uns que les autres. Le chef de file sera Le Brun, à qui le roi confiera la décoration du château de Versailles. Le Brun sera le coordinateur de toutes les activités artistiques (orfèvrerie, menuiserie, ébénisterie, tapisserie, gravure, sculpture, etc.) auxquelles il imposera un style homogène empreint de grandeur romaine et de culture latine. Son style est celui de l’équilibre, de la symétrie, de l’ampleur des lignes.
L’ORNEMENTATION ET MOTIFS DÉCORATIFS
C’est la symétrie absolue qui est le point le plus important de l’ornementation du style Louis XIV. Les lignes droites sont adoucies par des motifs à guirlandes. L’angle droit, quant à lui, est parfois garni d’un bronze, ceci également par souci d’adoucir sa rigueur.
La mouluration est grosse, mais elle ira en s’affinant et en s’assouplissant. Elle aussi correspond au profond désir d’équilibre et de symétrie typique du style Louis XIV.
Les motifs décoratifs sont communs aux bois sculptés et aux bronzes. Leur lourdeur apparente ne fait qu’accentuer la somptuosité et la grandeur de ce style. Parmi les innombrables motifs décoratifs du style Louis XIV, on peut dénombrer :
les motifs d’origine humaine, d’origine animale, d’origine végétale, les attributs guerriers, les motifs architecturaux et les jeux de fond.
L’astre solaire, symbole du règne de Louis XIV se retrouve sur un grand nombre de meubles royaux.
LE MOBILIER
L’époque Louis XIV marque un pas important dans l’histoire du meuble. En effet, c’est à cette époque que prend fin le goût pour les meubles à usages multiples, auxquels se substitueront les meubles individualisés et à utilisation spécifique.
Les tables, sont bien souvent imposantes et d’une grande richesse ornementale. Au cours du règne le pied se modifie : il était droit en forme de gaine, de balustre ou de console ; puis sa courbe s’accentue et sera à l’origine du pied de biche terminé par un sabot fourchu. Les pieds sont reliés par une entrejambe en X dont le centre comporte quatre volutes opposées.
La ceinture de la table, quant à elle, est sculptée ou ajourée. Elle porte en son milieu soit un masque, soit un mascaron.
Lorsque la table est destinée à être adossée contre un mur elle devient console d’applique ; et dans ce cas, sa face postérieure n’est pas décorée.
De forme ronde, le guéridon a pour fonction de supporter flambeaux ou candélabres.
Tout comme l’armoire avait détrôné le coffre, la commode supplante le cabinet.
C’est une création typique de la fin du XVII siècle. C’est à Boulle que l’on attribue l’invention de la commode qui, dans sa forme d’origine, s’apparente à un sarcophage reposant sur quatre pieds robustes.
La commode Boulle est un meuble richement marqueté d’écaille et de cuivre, soulignés de bronze ; ses montants sont verticaux, ses côtés plats et elle comporte deux ou quatre tiroirs. D’une manière générale, sa ligne est très sobre, ce qui contraste avec la sévérité de son décor.
Depuis leur apparition sous Louis XIII, les bureaux tendent à se généraliser tout en prenant des aspects différents.
Le bureau à huit pieds jumelés a un piétement particulier composé de deux groupes de quatre pieds, chaque groupe ayant ses pieds reliés par des croisillons diagonaux. Les pieds peuvent être de deux types : droits ou bien arqués, en console. Ce bureau comporte deux séries de tiroirs latéraux et un tiroir médian placé en retrait. Il est généralement très somptueusement marqueté de cuivre, d’écaille et d’étain.
On trouve également le bureau plat dont le plateau recouvert de cuivre est orné d’un quart de rond de cuivre. Il comprend un ou deux tiroirs et ses pieds ne sont pas reliés par une entretoise.
LES MATÉRIAUX
De nombreux matériaux de décoration sont utilisés : l’écaille, l’ivoire et l’étain sont toujours en vogue mais apparaissent également la nacre et la corne.
Ces matériaux sont souvent utilisés dans des mélanges subtils avec le cuivre. Le maître ébéniste de l’époque, AndréCharles Boulle, à qui l’on doit l’invention du mélange cuivre sur fond écaille ou inversement : écaille sur fond cuivre, réalise aussi des décorations de marqueterie du plus bel effet.
C’est pendant ce règne que le bronze doré travaillé, ciselé, prend une valeur certaine. Les serrures, les poignées, les équerres ou les corniches sont réalisées de préférence dans ce matériau.
L’or et l’argent massif sont également utilisés, mais la plupart des réalisations des orfèvres de l’époque ont disparu, car elles furent fondues à la suite d’ordonnances.
Les sièges grandissent en importance, nombre et variété ; outre les fauteuils, chaises, ployants et placets, on voit apparaître le canapé.
La ligne générale des fauteuils est droite ; les dossiers ont tendance à s’élever et à s’incliner très légèrement vers l’arrière. Les pieds sont en gaine ou en console, plus rarement en balustre, et sont reliés entre eux par un entrejambe en H orné en son centre par deux volutes ou une coquille.
Deux consoles renversées supportent les accotoirs eux mêmes terminés par une volute en forme de feuille.
Le canapé de l’époque fait aussi office de lit de repos. Il ressemble fort à la juxtaposition de plusieurs fauteuils et possède toutes les caractéristiques de ces derniers mais il est agrémenté d’un matelas amovible.

