Le style Mobilier de Louis XIII
Les meubles de l’époque Louis XIII ont une allure géométrique et sont de conception rigoureuse. Leur forme générale est très architecturée, sobre et souvent massive.
Par ailleurs, les meubles ne sont plus fabriqués seulement en vue de la décoration mais également à des fins utilitaires.
Les lits, tiennent une place importante dans le mobilier Louis XIII. Comme ceux de l’époque précédente, ils sont à colonnes avec dais en baldaquin. Les montants en colonnes sont plus volontiers ronds et tournés que sculptés.
Les lits ne sont pas équipés de sommier : c’est un châssis de bois encadrant des planches qui le remplace. Le châssis est recouvert de bandes de tissu appelées soubassements.
La paillasse qui tient lieu de couche, recouverte aussi de tissu, porte le nom de courte pointe. Les colonnes sont dissimulées par des cantonnières et des rideaux, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur ; le ciel de lit est lui aussi en étoffe : on le nomme dais en baldaquin. Il est bordé de bandes d’étoffe appelées pentes.
Les armoires, prennent de plus en plus d’importance. Elles sont à quatre portes le plus souvent, de forme carrée mais il existe aussi des armoires dites à deux corps que l’on confond fréquemment avec les buffets, des armoires à deux vantaux, et des armoires à une seule porte.
Dans tous les cas ces armoires ont des caractéristiques communes qui permettent de les reconnaître :
les socles ou châssis reposent sur des pieds en forme de boules aplaties ;
les montants sont tournés en torsades et moulures, tandis que les portes sont décorées géométriquement et sculptées en forme de pointes saillantes sculptées ou non ;
les armoires ont une corniche en saillie grossièrement moulurée, ou un fronton découpé.
Les tables, ont généralement l’entrejambe en forme de H ; c’est à la fin de cette époque que fait son apparition l’entrejambe en X.
La grande traverse est tournée et décorée en son milieu par un motif (vase, pomme en toupie).
On trouve trois types principaux de table : la table à rallonges, la table carrée ou rectangulaire, la plus courante, et la table brisée.
Les bureaux font leur apparition à cette époque ; on en distingue deux sortes :
La table bureau qui se présente sous la forme d’une table munie de tiroirs placés sous le plateau laissant un espace au milieu pour pouvoir glisser les jambes. Elle est sans aucun doute l’ancêtre du bureau Mazarin, qui est lui même la préfiguration du bureau ministre.
C’est à l’époque Louis XIII que le cabinet prend toute son importance. II se modifie en s’agrandissant pour devenir un meuble à part entière.
Petit meuble à deux corps, sa partie supérieure comporte de nombreux tiroirs. Son ornementation est très variée : marqueterie, ivoire, écaille, bronze.
Cette partie supérieure est supportée soit par des colonnettes en bois d’ébène, soit par des pieds tournés en spirale ou par des cariatides.
Comme au siècle précédent les sièges sont assez durs avec dossier plus large et moins haut reposant sur des pieds tournés en spirale ou moulurés en colonnes en forme de H et terminés comme pour les pieds de table ou de cabinet par des boules à section carrée.
C’est pendant cette période que les sièges prennent leur hauteur définitive, c’est àdire 45 centimètres au dessus du sol, au lieu de 50 centimètres à l’époque précédente.
C’est aussi sous Louis XIII qu’apparaît le tapissage des sièges fixé sur les châssis. Ces garnitures en drap, cuir ou tapisserie sont maintenues par des clous à grosses têtes qui apportent une innovation à la décoration.
La chaire à bras, avec dossier très haut et étroit de bois plein sculpté possède des pieds en colonnes décorées réunis par des entretoises. Les accoudoirs peuvent être incurvés ; il n’y a pas de rembourrages, et la dureté du siège est adoucie par des coussins de velours.
Le fauteuil est un siège important dont les pieds sont entrecroisés en forme de H à branches courtes.
On trouve à cette époque une grande diversité dans les sièges :
L’escabelle est une sorte de tabouret au piétement en bois tourné et au siège de bois. Le basset est une escabelle assez haute qui servait indifféremment de siège ou de table volante.
Le tabouret est de hauteur variable et son châssis est recouvert de tapisserie.
Le siège canné, réalisé le plus souvent dans les Flandres, fait son apparition. On le trouve toutefois assez exceptionnellement.
Le fauteuil à haut dossier n’est pas encore très répandu. Son piétement est classique, son dossier rectangulaire sans bois apparent. Ses accotoirs sont en bois.
Le caquetoire a les mêmes caractéristiques que la chaire à bras. La différence réside dans l’absence de bras.
La chaise à haut dossier est un fauteuil à haut dossier dont il manque les bras.
Le lit de repos fait son apparition aux alentours de 1625. C’est un siège à un ou deux dossiers ; il repose sur huit ou dix pieds reliés entre eux par des éléments également tournés.
La société sous Louis XIII prend goût au côté confortable de son lieu de résidence. C’est donc à cette époque que vont commencer à prospérer les industries locales. Ainsi vont se créer la Savonnerie et les Gobèlins ; les villes de Nevers et de Rouen deviennent rapidement les centres les plus importants de fabrication de céramiques. Les ateliers de tapisserie se multiplient en province.

