Un Maroc de lumières
Réunir sous le même toit le must de la peinture marocaine est un exploit signé La Société Générale. Pour l’ouverture de son nouveau siège, inauguré le 26 avril dernier, elle nous offre l’une des plus belles pages des Arts Plastiques au Maroc. Tout un siècle de peinture p allier modernité et tradition.
TROP DE LUMIÈRE, CELLE D’UN BEL été, transforme les images en rêve. En ce moment de l’histoire artistique du Maroc, seule la peinture est à même de réussir cette alchimie des sens. Depuis plus d’un siècle, les sentiers ouverts par les pinceaux marocains ont, chacun à sa façon, ouvert une brèche dans l’oeil du temps.
D’abord Maître R’Bati, qui a rendu une image très simple et pure d’un Maroc illuminé du siècle dernier. Abdelkébir Rabiî, virtuose dans la suggestion, une des expressions les plus lourdes de sens, laisse son trait intense marquer les profondeurs. Et puis le regretté Gharbaoui, mort dans l’oubli sur un banc du Champ de Mars, à Paris, une sensibilité accrue et un sens des couleurs inédit, sans oublier Cherkaoui, l’autre maître, celui à qui la peinture marocaine doit son envol. On arrive ensuite à des sensibilités aussi poignantes que celles de Mohamed Kacimi, l’iconoclaste, celui qui fait resurgir le rupestre au cour du moderne. Et tous les autres, Ballai, Glaoui, Saladi, Ben Yessef, Chaâbia... Avec toutes les sinuosités que prennent les affinités des uns et des autres. La fête de la peinture prend avec cette expo rétrospective toute son envergure : un hommage que nos peintres méritent pour l’excellence de leur apport au patrimoine marocain.

