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L’art de vivre dans le monde arabe s’expose

C’EST UNE MANIFESTATION D’ENVERGURE ET UNIQUE QUE "MAISONS DU MAROC" ET CARACTÈRES EVENTS, EN PARTENARIAT AVEC LA BANQUE HSBC, VOUS INVITENT À DÉCOUVRIR DU 15 NOVEMBRE AU B DÉCEMBRE PROCHAIN, DANS L’EX CATHÉDRALE DU SACRE CŒUR DE CASABLANCA. APRÈS BERLIN, VALENCE, ROTTERDAM, MADRID, BANGKOK ET SINGAPOUR, L’EXPOSITION ITINÉRANTE INTITULÉE "LIVING UNDER THE CRESCENT MOON : ARCHITECTURE ET ART DE VIVRE DANS LE MONDE ARABE" PRÉSENTÉE PAR LE VITRA DESIGN MUSEUM POURSUIT SON TOUR DU MONDE ET S’INSTALLE POUR LA PREMIÈRE FOIS EN TERRE D’ISLAM. DU PASSÉ AU PRÉSENT, À TRAVERS MAQUETTES, FILMS OU PHOTOS, CET ÉVÉNEMENT INCONTOURNABLE LIVRE, DU MAROC À LA PÉNINSULE ARABE,UNE APPROCHE COMPLÈTE ET FASCINANTE SUR LES DIFFÉRENTS MODES DE VIE ET FORMES DE CULTURE DOMESTIQUE, SOUVENT MÉCONNUS, LOIN DES CLICHES OCCIDENTAUX.

La casbah d’Alger réunit absolument tous les éléments d’une architecture qui témoigne d’une sensibilité incommensurable aux besoins et aux désirs des hommes". À travers cette phrase, Le Corbusier exprimait la grandeur de son admiration pour l’architecture du monde oriental. Dans son sillage, de nombreux architectes et designers contemporains ont puisé et puisent encore aujourd’hui leur inspiration au coeur du monde arabe. Dans le même temps, bien avant le conflit irakien, le Vitra Design Museum de Weil am Rhein (voir encadré) se penchait sur la culture domestique du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord. "Architectes et desiqners s’intéressent depuis toujours à ces pays, aussiavons nous voulu savoir ce qu’ils offraient de siattrayanf’, explique Mateo Kries, l’un des conservateurs de l’exposition. D’où l’idée première d’en explorer les mythes et les réalités à travers une exposition temporaire à Berlin intitulée "Living Under The Crescent Moon : Domestic Cultures In The Arab

Dans un second temps, ce sont les attentats du 11 Septembre, puis le conflit irakien, qui ont conduit M.Kries et Alexander von Vegesack,directeur du musée, à faire voyager l’exposition. "Les gens pensent tout savoirde ces pays, mais la plupartn ’en connaissent que les clichés diffusés à travers les informations ’ poursuit Mateo Kries, qui espère bien un jour voir l’exposition voyager aux U.S.A. À défaut d’y être programmée pour ’heure, c’est à l’invitation de "Maisons du Maroc"qu’eIle est pour la toute première fois donnée à voir en pays musulman. "Recevoir l’exposition ici, à Casablanca, est éloquentà plus d’un titre quandon découvre son contenu et représente pour nous, revue d’architecture, d’art de vivre et de décoration, la meilleure façon de couvrir cet événement’ souligne t on ici à la rédaction.

Approche complète et fascinante des cultures domestiques arabes, cette exposition est structurée en quatre parties : architecture nomade, architecture rurale, ville traditionnelle, ville moderne. Elle témoigne de la diversité des modes de vie entre le Maroc, la Syrie et la péninsule arabe, des tentes nomades des Bédouins aux casbahs marocaines en passant par les villages de terre du Yemen, des ryiadsde Marrakech, de Damas, du Caire ou d’Alep aux immeubles réalisés par des architectes du XXe siècle comme Hassan Fathy, [lie Mouyal ou Abdeiwahed ElWakil.À travers une mise en scène de Matthias Heeger restituant toute la sensualité et le raffinement de l’art de vivre oriental, de nombreuses maquettes, films et photos réalisés spécialement pour l’occasion renseignent sur les différents aspects de la vie domestique. [n présentant des intérieurs privés, l’exposition ouvre les portes d’un domaine jusqu’à présent très peu connu, le foyer étant par tradition protégé des étrangers. L’occasion aussi de comparer son propre mode de vie avec ceux présentés ici. Et de constater que les besoins de créer demeurent les mêmes : Quelles sont les solutions exigées par la routiconcernant le sommeil, l’alimentation, la vie à la maison, le ménage ? Comment la décoration, les formes et les fonctions sont elles liées à travers les habitats et les objets ? Dans quelle mesure les ornementations, les symboles et les couleurs expriment ils encore aujourd’hui une identité culturelle ?

En réponse à ces problèmes, le riche héritage de la culture domestique arabe révèle souvent une incroyable modernité, selon que l’on considère la fonctionnalité minimaliste de nombreux objets, la multifonctionnalité des pièces, les systèmes de régulation de la température intérieure ou l’usage efficient de l’eau. Des architectes comme l’Egyptien Hassan Fathy ou le Marocain [lie Mouyal ont d’ailleurs intégré certaines de ces solutions dans leurs différentes réalisations en les mariant à des éléments de l’architecture moderne. Le mouvement moderniste a également été considérablement développé par des architectes comme Edmond Brion, Wolfgang Ewerth, Michel Ecochard, Yona Friedman, Frei Otto et, plus près de nous, Jean Francois Zévaco, lesquels, dès les années 30, ont utilisé les pays arabes comme autant de champs d’expérimentation et ont continué à y développer le style international. L’importance que le monde arabe a acquise depuis concernant l’architecture internationale est manifeste à la vue des projets de villas résidentielles développés par Arata Isozaki ou le Studio 65 dans la péninsule arabe mais aussi l’institut du Monde arabe à Paris réalisé par Jean Nouvel. L’exposition présente aussi les aspects négatifs de la modernisation radicale de l’architecture arabe, comme la disparition de centres villes historiques, les déplacements de population des zones rurales vers des zones urbaines avec, pour conséquences, l’émergence de mornes villes satellitaires. De fait, de nombreux modes de vie présentés ici le sont peut être pour la dernière fois. Des organisationstel le Fonds Aga Khan se battent pour porter ces problèmes à l’attention des architectes d’aujourd’hui. Comme le démontre clairement cet événement, les pays arabes disposent, au cour de leurs propres traditions, d’un vaste répertoire de solutions à l’intérieur duquel ils peuvent puiser pour moderniser de manière raisonnée et durable l’architecture indigène et leurs modes de vie. Reste une chose que l’on retiendra si on ne la connaît pas déjà : quel que soit l’habitat et le pays, l’hospitalité y demeure la plus grande valeur.