A l’ombre de Majorelle
Comme Claude Monet, le peintre orientaliste Jacques Majorelle fils du célèbre ébéniste Louis Majorelle, fondateur, avec Émue Gallé, de l’école de Nancy, qui donnera naissance à l’Art nouveau fut l’un des plus importants collectionneurs de végétaux de son époque et son jardin de Marrakech lui servit de toile de fond pour ses tableaux. Il importa des variétés rares, cactus du sud ouest des États Unis, palmiers du Pacifique sud, plantes grasses d’Afrique du Sud, nénuphars et lotus d’Asie qu’il enracina dans une irrésistible abondance de formes plutôt qu’en fonction de valeurs chromatiques en recherchant un effet constant d’ombre et de lumière. Sans oublier l’eau, omniprésente, véritable labyrinthe de murets et de rigoles empruntés aux techniques agricoles traditionnelles, dont les bruissements accompagnent la luxuriance du lieu. Dans ce concert de couleurs végétales ressort l’intensité du bleu cobalt dont les montagnards de l’Atlas coloraient leurs encadrements de fenêtres que l’on désigne aujourd’hui du nom de bleu Majorelle. C’est ce que l’on découvre à travers la magie des photos saisies par Claire de Virieu accompagnées des textes de Pierre Berge et Madison Cox au qui rythment la mise en page de cet ouvrage de pure beauté visuelle.

