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La Provence

On trouvera les plus beaux meubles en Arles, en Avignon, tandis que les plus rustiques, mais aussi les plus vrais sont nés dans la région du Var ou dans les petits villages des Basses Alpes.

Fidèles à l’image de leur région, les meubles provençaux sont légers, élégants, raffinés sans jamais être prétentieux.

Créés au pays du soleil, ils offrent à la lumière des moulures fines et nettes : des sculptures délicates abondamment fleuries, des motifs gais résolument optimistes.

Taillés dans le noyer clair, le citronnier, le mûrier, le poirier, le buis ou l’olivier, ils éclairent mas et bastides de leur blond chaud et profond, couleur de miel.

L’Italie, leur plus proche voisine, leur apporte des contours ondulés et gracieux, des pieds finement tournés, avec juste ce qu’il faut de préciosité.

Bien adaptée à un climat chaleureux, la vie de la famille provençale ignore la salle commune. La chambre est une pièce à part entière possédant un mobilier bien particulier.

L’armoire, est le meuble essentiel. Généralement en noyer elle est ventrue, de proportions imposantes, mais de lignes légères, finement travaillées.

Les moulures profondes voisinent avec des motifs décoratifs plus délicats : paniers fleuris de roses et de jasmin, guirlandes, urnes, colombes, gerbes de blé, cours, etc. Une vieille légende provençale veut que le diable se cache dans les coins, l’armoire prend donc souvent sa place pour conjurer le sort en s’appelant alors « cantoniero » ou meuble d’angle.

Le buffet provençal caractéristique est le buffet bas ou « crédence ». Généralement en noyer comme l’armoire, il est formé d’un corps bas à deux portes et deux tiroirs surmonté d’un corps haut en retrait avec dessus de marbre. Les deux parties du meuble sont généreusement sculptées de motifs fleuris.

Le coffre, est un des plus anciens meubles provençaux, offert classiquement, jusqu’au dix huitième siècle, comme cadeau de mariage.

Recouverts de plaques de cuivre puis de bois ou de cuir ils sont ornés de clous en argent pour les plus riches, en cuivre pour les plus modestes.

La plupart des commodes sont d’esprit Louis XV ou Louis XVI, généralement exubérantes dans leur forme comme dans leur décor.

A deux ou trois tiroirs, elles sont généralement galbées, arrondies, ventrues, ornées de rocailles, de rubans, de coquilles.

Surmontant des pieds plus ou moins hauts suivant le nombre des tiroirs, la traverse du bas est finement découpée en festons.

Généralement traitée en noyer, la commode provençale s’agrémente parfois de poignées de fer ou de bronze.

La caractéristique du lit provençal est l’absence de rideaux, de couettes, de coussins. C’est un lit dégagé, bien adapté à la douceur du climat.

Modèle simplifié du lit Borély, il est formé d’un dossier découpé à la tête, et de deux montants libres aux pieds.

Il existe également quelques exemples de lits au dossier sculpté et découpé, de lits peints d’influence italienne et de lits à « pavillon », sorte de tente conique suspendue au plafond. Plus rares que le lit usuel décrit plus haut, ces différents types de lits appartenaient surtout au milieu bourgeois des grandes villes provençales.

Le berceau, existc sous deux formes : le berceau long en forme d’ange et le berceau plus haut aux côtés pleins ou fuselés avec armature à la tête servant de support au rideau. Fidèle à la tradition latine, la Provence est ingénieuse pour le confort de ses enfants. C’est ainsi qu’est né le « brusc » sorte de grande boîte à sel laissant les bras de l’enfant à l’extérieur et permettant ainsi de l’emporter aux champs, au lavoir, ou de la suspendre au mur à l’abri des animaux. Les étagères, sont nombreuses et variées : « l’eiguié » pour la vaisselle, « l’esranié » pour les étains, « le terraio » pour les poteries, les « verriau » pour les flacons et les verres.

La panetière, accrochée au mur. Cette sorte de cage est sculptée avec élégance et exubérance dans les familles catholiques, plus sobre et avec le sommet en fronton dans les familles protestantes.

Le pétrin, à base pleine ou monté sur quatre pieds, est toujours richement orné et travaillé. C’est un élément important de la maison provençale qui concourt, comme la panetière à célébrer le rite du pain.

Il présente parfois un curieux mélange de styles : pieds Louis XIII, traverses Louis XV et traverses Louis XVI.

Les sièges, sont très variés, allant de la chaise paillée au fauteuil en bois tourné et doré jusqu’au canapé à trois ou quatre places.

Les sièges les plus typiques sont la chaise d’Arles faite de mûrier et le siège en paille de seigle teintée en couleurs vives.

Plus rare et plus ancienne, on trouve également la chaise paillée en feuille de sparte ou « aufo » produite dans la vallée du Rhône.

La table, est le plus souvent petite, et parfois munie d’un système de charnières pour être dépliée. La table provençale est légère : console à pieds Louis XV, à pieds tournés, à colonnes droites ou à balustres.

Les tables de chevet sont nombreuses, ouvertes sur leur face externe ou fermées par une porte à rideau coulissant.