La Picardie
S’il est vrai que les régions froides donnent les intérieurs les plus chaleureux, le Nord ne faillit pas à la tradition.
Les gens du Nord considèrent que le décor dans lequel ils vivent quotidiennement est de grande importance. Les plus riches choisissent des meubles cossus d’inspiration Renaissance à la géométrie simple, ornés de colonnes, de moulures et de pointes de diamant.
Dans les milieux plus simples, les meubles sont exécutés par l’artisan local le plus souvent dans la pièce même à laquelle le meuble est destiné.
C’est dans le chêne, le merisier, le tilleul que le sculpteur laisse libre cours à son imagination. Les meubles moins travaillés sont tailles dans le pommier, le poirier, le prunier, l’orme ou le cerisier.
Le lit, est d’abord une sorte de boîte fermée sur trois côtés : le fond et les deux extrémités. Il devient ensuite un meuble plus élaboré, orné de deux dosserets pleins à la tête et aux pieds supportant le baldaquin dont les rideaux ferment le lit.
Le siège, est d’abord un coffre servant de siège à panneaux moulurés simplement.
Le fauteuil ou « cadot », la chaise ou « cayelle » apparaissent plus tard.
Ils sont entièrement en bois ou paillés au siège ; leurs pieds sont tournés ou à colonnes, leurs dossiers sont plus ou moins hauts selon qu’ils sont utilisés ou non par le père ou la mère de famille.
La table, généralement d’inspiration Louis XVIII, est à quatre pieds tournés ou simplement droits réunis par un T ou « barre aux chats ». Quelques unes comportent des rallonges incorporées.
Les petits meubles, sont nombreux et d’usages bien précis. L’archelle ou planche accrochée au mur sert de support aux pots en étain et autres objets à anse. Les plus luxueuses ont des crochets en cuivre orné. L’égouttoir, sorte d caisse formée de barreaux plats posés sur quatre pieds droits ou cambrés, sert à égoutter les ustensiles utilisés pour la traite des vaches et la confection du beurre.
L’étimier ou étagère à pieds composée de deux tablettes bordées d’une galerie servant à entreposer les pots de crème.
Et enfin le porte essuie mains ou rouleau de bois est un support de serviette cousue servant à l’essuyage des mains.
Les principaux meubles
L’armoire, écartée de la salle commune ou « maison » est simplement ornée : moulures larges ou plates, cannelures, fleurs simplettes sont ses principales décorations.
Exécutée en pommier, chêne ou poirier dans le Nord, on la retrouve en merisier en Artois et en chêne en Picardie.
Le buffet bas, est un meuble typique appelé « armoire » dans le Pas de Calais, « traite » en Picardie et « dresche » en Artois.
Généralement en poirier, le buffet bas peut être en chêne (à partir du XVIII siècle) puis en merisier ou autre bois fruitier.
La traite est munie de nombreuses portes (de deux à huit) séparées par des panneaux fixes ou des tiroirs superposés. Sa partie supérieure présente parfois une rainure servant à supporter des assiettes dressées.
La dresche est décorée de moulures et parfois même de cuivre sur les portes et les tiroirs.
Le buffet à deux corps, appelé « armoire » en Picardie est un meuble dont les ferrures sont à partir du XVIII8 siècle faites de cuivre et de laiton.
Le buffet bourgeois est appelé Rilban ou Ribbank. Il comporte deux ou quatre portes en chêne largement sculptées de cariatides, d’entrelacs et de petits personnages.
Le plus simple a quatre portes, des pieds simplifiés et un corps supérieur sans retrait latéral.
La commode, généralement exécutée en chêne, comporte deux ou trois tiroirs et fait parfois office de secrétaire, le dessus formant bureau.
Le modèle le plus typique est originaire du Pevèle. C’est un meuble à trois tiroirs sculptés, largement galbé pour épouser la ligne de la tablette. La traverse basse est traditionnellement ornée d’un motif en coquille de bois sculpté ou d’écaille.

