Les meubles régionaux : La Bretagne
La Bretagne est un monde à part. Un monde secret et farouche gardant jalousement ses usages, ses croyances, ses légendes et ses superstitions. Tout cela se retrouve dans les meubles bretons. Des meubles non influencés par des styles différents officiels, qui ne ressemblent à aucun autre.
Leurs motifs peuvent être classés en trois catégories bien distinctes :
Les ornements celtiques : spirales, enroulements, entrelacs, torsades et chevrons que l’on retrouve sur les bijoux, poteries, tombes et parfois même sur les manches de quenouilles.
les ornements gothiques : dans les motifs du style flamboyant : fleurons, lobes, ogives à décor de soufflets, fenestrages.
les ornements Renaissance : médaillons, têtes d’anges, personnages, plumes, etc.
Les meubles sont différents selon qu’ils viennent de la Basse Bretagne (toute la partie avançant sur l’Atlantique) ou de la Haute Bretagne (pays rennois et pays nantais).
Les principaux meubles
L’armoire, traduction plus grande du coffre, grandit ensuite pour devenir une sorte de bahut d’inspiration Louis XIII à deux rangées de petites portes.
Ces armoires sont massives (taillées dans des épaisseurs de bois de 5 à 6 centimètres) et sans corniche pour pouvoir être accolées au lit clos.
L’armoire par la suite s’enrichit de panneaux et de grosses moulures disposées en couronne.
La plus décorée, originaire du haut pays, est à double fronton et constituée de deux bois différents : noyer ou fruitier pour la façade, chêne pour tout le reste. Sculptée naïvement de fleurs, de cours, d’objets religieux elle possède des moulures accusées, des cuivres finement découpés, des serrures à crémones.
Le buffet, le plus important est le buffet à deux corps. Il est en chêne, en châtaignier, assez rarement en merisier, parfois vitré sur sa hauteur.
Expression d’une richesse et d’un certain confort, ce type de buffet était peu utilisé dans le bas Pays où les meubles courants prenaient le plus souvent sa place.
Dans le pays bas par contre les ferrures sont en fer, et fuseaux en bois, cercles et clous en cuivre sont largement utilises pour sa décoration.
Plus tard (XVIIIe siècle), le coffre se transforme en banc trustel, sorte de banc coffre à accoudoir généralement placé devant un buffet.
La façade du coffre est généralement formée de panneaux cernés de pilastres unis ou à cannelures.
Le lit, est d’abord une sorte de boîte fermée sur trois côtés : le fond et les deux extrémités. Il devient ensuite un meuble plus élaboré, orné de deux dosserets pleins à la tête et aux pieds supportant le baldaquin dont les rideaux ferment le lit.
Le siège, est d’abord un coffre servant de siège à panneaux moulurés simplement.
Le fauteuil ou « cadot », la chaise ou « cayelle » apparaissent plus tard. Ils sont entièrement en bois ou paillés au siège ; leurs pieds sont tournés ou à colonnes, leurs dossiers sont plus ou moins hauts selon qu’ils sont utilisés ou non par le père ou la mère de famille.
La table, généralement d’inspiration Louis XVIII, est à quatre pieds tournés ou simplement droits réunis par un T ou « barre aux chats ». Quelques unes comportent des rallonges incorporées.
Les petits meubles, sont nombreux et d’usages bien précis. L’archelle ou planche accrochée au mur sert de support aux pots en étain et autres objets à anse. Les plus luxueuses ont des crochets en cuivre orné. L’égouttoir, sorte de caisse formée de barreaux plats posés sur quatre pieds droits ou cambrés, sert à égoutter les ustensiles utilisés pour la traite des vaches et la confection du beurre.
L’étimier ou étagère à pieds composée de deux tablettes bordées d’une galerie servant à entreposer les pots de crème.
Et enfin le porte essuie mains ou rouleau de bois est un support de serviette cousue servant à l’essuyage des mains.
Le lit, est l’élément le mieux connu du mobilier breton. Le lit breton c’est bien sûr et tout d’abord le lit clos. Il fait partie d’un ensemble et s’inscrit dans une pièce boisée de meubles comme l’élément à porte coulissante reliant deux armoires.
Il présente une façade abondamment sculptée d’un mélange curieux mais harmonieux. Le style géométrique y côtoie fleurs, figures humaines ou religieuses, fuseaux verticaux ou en rosaces, oiseaux, clous en cuivre. On trouve des lits clos à deux étages, des lits demi clos fermés par des rideaux
Mais dans la région de Guérande, dans l’île de Batz les lits à colonnes tournées ou à baldaquin ont la préférence.
Il existe également des lit carrosses, véritables caisses à deux ou trois côtés et dans le Morbihan, des lits peints en rouge dont l’origine exacte reste inexpliquée.
C’est dans le siège breton que s’exprime mieux la dureté et la recherche de nonconfort de cette région. Rustre et peu travaillé, on trouve surtout des barres, des escabeaux, des salinières et un siège pour le moins curieux réservé à l’ancêtre mâle de la famille formé d’un tronc d’arbre scié en hauteur dit le bancquier.
La table, la plupart du temps assez massive, sert de coffre, le dessus coulissant pour donner accès à un garde manger.
Compléments de la table pendus au plafond : le porte cuillères en bois tourné et le panier à pain.
Le vaisselier, apparaît assez tardivement vers la fin du XVII siècle.
Il est lourd et massif, le plus souvent en châtaignier, à motifs soulignés de clous en cuivre. Les rebords d’étagères sont festonnés de rangées de fuseaux.

