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Accueil du site / Le style Napoléon III (1848-1870)

Le style Napoléon III

Tout comme le style Louis Philippe, le style Napoléon III n’apporte aucune note originale au mobilier. Les matériaux, les formes comme l’ornementation, sont inspirés des styles antérieurs.

L’esprit inventif des artistes n’existe plus et cette lacune est comblée par une imitation surchargée et tapageuse. Si le style Napoléon III n’est pas original, il n’en possède pas moins une grande personnalité, due aux innombrables sources dans lesquelles on a allègrement puisé. Dans un appartement de l ’époque, il n’est pas rare de trouver un salon Louis XVI, une chambre Louis XV et une salle à manger Henri II.

Nous sommes en plein règne des machines outils qui permettent de fabriquer rapidement à la grande satisfaction d’une clientèle nombreuse et impatiente. Les meubles perdent donc beaucoup en raffinement, néanmoins l’exécution reste de bonne qualité.

C’est surtout dans les détails que le style Napoléon III se personnalise. On voit apparaître les meubles en ébène, les incrustations de nacre, l’utilisation du carton bouilli dans la fabrication des petites tables et de certains sièges. C’est aussi la grande époque du tapissier : on attache beaucoup d’importance au choix des étoffes, aux couleurs et aux harmonies, on assortit les sièges aux tentures et aux rideaux.

Même s’il est né d’une accumulation éclectique, le mobilier Napoléon III n’en est pas moins charmant et confortable ; il voit sa cote monter rapidement.

LES MATÉRIAUX

Les ébénistes de l’époque restent fidèles aux bois foncés : ébène, acajou, palissandre, poirier noirci. L’ébène est particulièrement apprécié, on l’utilise en massif ou en placage ; le pitchpin apparaît dans les années 1860, c’est un bois jaune rougeâtre très veiné, c’est parmi les bois exotiques, un des moins coûteux.

Le carton bouilli, mis à la mode par les anglais, est maintenant fabriqué en France. On l’utilise moulé pour la fabrication des sièges et des petites tables ; on le peint en noir, en doré, ou on l’incruste de nacre.

Le bronze doré, devenant moins coûteux grâce aux progrès de la technique, élargit son champ d’utilisation : outre l’ornementation, il sert aussi à la fabrication de certains meubles (tables, lits...).

On voit apparaître la fonte dans la construction de certains grands meubles comme les canapés, les lits et le piétement des guéridons.

L’ORNEMENTATION ET LES MOTIFS DÉCORATIFS

Les techniques et les matériaux utilisés pour l’ornementation sont extrêmement divers et ceci ne fait que confirmer l’éclectisme de ce style. On emploie indifféremment les incrustations (nacre, étain, cuivre, ivoire), les bronzes dorés, les plaques de porcelaine, les bois laqués, les bois dorés. Seule la marqueterie semble délaissée.

Les motifs décoratifs obéissent aussi à la même loi : ils sont empruntés un peu partout, aussi bien aux styles français qu’aux styles orientaux. On peut voir des oiseaux, des pagodes, des treillages.

LE MOBILIER

Le mobilier hétéroclite est indifféremment emprunté au Henri II, au Louis XIV, au Louis XV et surtout au Louis XVI, mais il est néanmoins construit avec une technique irréprochable.

La tapisserie n’occupe jamais une place aussi importante qu’à cette époque. Elle s’exprime dans une profusion de drapés, de passementeries de toutes sortes, de capitons variés. Elle contribue au confort et au moelleux des sièges, à l’atmosphère douillette et calfeutrée des intérieurs Napoléon III. Les menuisiers et ébénistes, s’ils ont du mal à créer un style qui leur est propre, se contentent néanmoins d’inventer de nombreux petits meubles aux usages aussi nombreux que divers. Les tables gigognes font partie de ces petits meubles. Au nombre de trois ou quatre, elles sont destinées à s’emboîter les unes dans les autres.

C’est sûrement la production des sièges qui reste la plus riche, la plus variée et la plus abondante. On en trouve de toutes formes ; certains rappellent le style Louis XV, d’autres plus légers, sont des originalités créées et imaginées par les artistes du moment. La chaise volante fait partie de ces originalités ; cannée ou garnie d’un capiton, c’est un meuble frêle en bois verni ou doré destiné à entourer tables de jeu ou guéridons. Bien adaptés aux moeurs et à l’esprit de l’époque, les confidents à deux places, les indiscrets à trois places, ou les canapés de l’amitié offrent leurs larges capitons aux volumineuses crinolines.