Le style Louis Philippe
C’est surtout un souci de confort et d’économie qui anime le style Louis Philippe. Ce style, extrêmement bourgeois, est marqué par l’introduction de la mécanisation. Si les ébénistes, artisans zélés, cherchent toujours à produire des oeuvres bien finies, ils ont toutefois beaucoup de mal à combattre le travail produit en série, moins coûteux, mais aussi moins original. La création artistique est très limitée et les industriels ne cherchant pas à créer des oeuvres originales, on aboutit à un mobilier certes beau et soigné, mais sans personnalité. Le seul effet fourni pendant cette période porte sur la qualité des matériaux, mais ceux ci, mécanisés, perdent un peu de leur charme en gagnant de l’utilité et du pratique. Les ébénistes de grand talent poursuivent leur carrière pour de rares privilégiés et fournissent ainsi des pièces en quantité restreinte et de prix inabordables.
Au cours de ce règne, le rôle du tapissier ne cesse de croître. Les chambres sont garnies de tapis, de papiers peints et de tentures assorties. Les femmes prennent goût à décorer leur intérieur qu’elles veulent avant tout confortable.
L’ORNEMENTATION ET LES MOTIFS DECORATIFS
La mécanisation ne peut malheureusement que dépouiller les meubles de leur ornementation. Les ornementations sont donc quasi inexistantes, tout au plus trouve t on des motifs de boules, de torsades ou de fleurs.
Les motifs décoratifs sont en petit nombre. On trouve seulement des filets sculptés, des feuilles à larges pétales, des palmettes qui ornent les pieds de table et les accotoirs. Mais, le motif le plus caractéristique reste la cuisse de grenouille. Ce motif se trouve dans le piétement des meubles et des sièges.
LE MOBILIER
Comme nous l’avons déjà vu, le style LouisPhilippe ne brille pas par son originalité : il n’est qu’une continuation du style Restauration dont il garde les lignes générales ; par contre, les formes sont plus massives, l’ornementation s’appauvrit, la création se meurt et ne se contente que de puiser ses sources dans le Moyen Age, la Renaissance et plus tard dans le style Louis XIII.
Tout au plus, verrons nous se répandre la mode de l’armoire à glace (déjà apparue sous l’Empire). Elle devient rapidement un meuble indispensable dans la chambre à coucher en remplacement de la psyché.
Le fauteuil Voltaire, créé sous la Restauration, prend beaucoup d’importance ; il en va de même pour le fauteuil crapaud qui lui n’apparaît que sous Louis Philippe. Ce dernier est entièrement tapissé et entouré au niveau du bandeau inférieur d’une frange touchant presque le sol. C’est un fauteuil de repos très apprécié qui a eu un succès très justifié.
LES MATÉRIAUX
Les bois clairs si en vogue sous la Restauration disparaissent au profit des bois foncés, sombres et chauds : l’acajou, le palissandre, l’if, le noyer, le hêtre et l’ébène. On utilise aussi les bois noircis de poirier ou de hêtre. Les bois clairs, comme le citronnier, le sycomore, l’érable ne sont plus employés que pour le placage intérieur de certains meubles.
Les fabricants de meubles, soucieux d’économie, éliminent les bronzes et les marqueteries. Les incrustations mêmes deviennent rares. On ne les trouve que sur certains meubles très foncés ; elles sont alors en nacre ou en filets de bois clairs afin de rehausser les bouquets peints.
Les marbres sont gris, noirs ou blancs, leurs bords sont arrondis et très légèrement moulurés en doucine ou en gorge.

