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Accueil du site / Le style Restauration (1815 1830)

Le style Restauration

Deux monarques se succèdent durant la période que l’on nomme Restauration et qui couvre quinze années : Louis XVIII d’abord, puis Charles X, tous deux animés du vif désir de rendre à la France son état d’esprit, ses manières, les privilèges caractérisant l’Ancien Régime. Cependant, ce n’est plus la Cour qui donne la note au monde artistique ; les deux filles du défunt Roi décapité, écartées du pouvoir depuis vingt cinq ans sont âgées ; elles souhaitent le calme ; les courtisans déçus se retrouvent dans les salons littéraires ou politiques. C’est le monde de la bourgeoisie qui prend possession de la vie sociale.

Cette transformation du profil social se reflète dans tout le monde expressif. Cela explique la transformation du mobilier, les meubles qui deviennent utilitaires et plus maniables.

La société nouvelle est lassée de la grandeur et de l’éclat et désire revenir à plus d’intimité, de raffinement. On lance la mode des bois clairs en réaction contre l’acajou jugé trop lourd. On abandonne les grandes pièces au profit des boudoirs et des petits salons. Les fines incrustations de cuivre, d’étain ou de porcelaine sont préférées au bronze.

Ce style sage et dépouillé n’est pas sans charme, car il est très harmonieux, de structure simple et d’ornementation discrète. C’est un mobilier élégant, qui donne beaucoup d’intimité aux intérieurs romantiques de l’époque. S’opposant au classicisme antique du style précédent, le gothique va entraîner un engouement chez les artistes décorateurs. C’est essentiellement dans les motifs d’ornementation que l’inspiration médiévale est la plus nette. On peut distinguer deux périodes pendant la Restauration : la première de style classique, et la deuxième, correspondant à la fin de la Restauration, de style cathédrale. C’est essentiellement dans les motifs d’ornementation que se distinguent ces deux périodes, la ligne et la forme générale des meubles étant identiques.

LE MOBILIER

Le mobilier Restauration se caractérise par sa maniabilité, sa grâce et son confort ; il est élégant sans être prétentieux. De l’Empire, les meubles conservent leur architecture, mais les formes sont plus douces et plus gracieuses. Le mobilier est de plus petite taille afin de mieux s’adapter aux intérieurs plus réduits.

Les réelles innovations, extrêmement rares, se limitent à de petites pièces de l’ameublement (lampe de chevet, cabaret, plateau de lit) plus ou moins inspirées de l’art asiatique. Toute la créativité est reportée sur les sièges. En hêtre, en noyer ou en acajou ce sont des meubles robustes bien que la ligne générale des chaises et des fauteuils s’adoucisse.

Les pieds se courbent de même que les dossiers et les bras. On trouve ainsi des piétements en volute ; des têtes et des cols de cygnes terminent volontiers les accoudoirs à manchettes.

Le siège le plus marquant de cette époque et le mieux connu est indiscutablement le fauteuil Voltaire qui s’imposera véritablement sous Louis Philippe. Il a un haut dossier rembourré et des bras à larges manchettes ; les supports d’accotoirs sont en forme de volute arrondie ou de cygne replié. A la hauteur des reins, le dossier est cambré, ce qui rend ce fauteuil extrêmement confortable.

LES MATÉRIAUX

Une des caractéristiques du style Restauration est son bois clair. On ne sait exactement si l’on doit attribuer cet engouement à la Duchesse de Berry ou au marchand Weber, mais le fait est que les bois clairs supplantèrent magistralement les bois foncés et en particulier l’acajou.

Les bois les plus fréquemment utilisés sont : l’orme, le platane, le frêne verni, le peuplier clair, le thuya, le sycomore. Pour les meubles de plus haute qualité, on aura recours au citronnier pâle, à l’olivier, à l’oranger et à l’érable moucheté.

Pendant le règne de Charles X on verra réapparaître quelques bois foncés tels que le palissandre, l’acajou et l’amarante.

L’incrustation est très pratiquée et exécutée avec finesse par des artisans de tout premier ordre. La grande tradition des ébénistes reprend ses droits comme le montrent certains meubles de haute qualité remarquablement ouvragés par des découpes en rosace et dentelle ou par d’harmonieux fenestrages.

L’ORNEMENTATION ET LES MOTIFS DÉCORATIFS

La mouluration qui avait été totalement délaissée sous l’Empire réapparaît ; elle est légère et pleine de finesse ; on s’en sert pour adoucir les arêtes des angles ou pour rompre la rigueur d’une surface lisse.

L’ornementation, toujours fine et très raffinée, se contente de souligner la structure du meuble.

Les lignes s’assouplissent de nouveau dans certains meubles comme les secrétaires et les commodes.

Une part des motifs décoratifs de l’Empire est abandonnée, tandis que certains sont encore conservés comme les lyres, les cornps d’abondance, les palmettes, les cygnes. Les motifs géométriques sont moins fréquemment utilisés ; le cercle se transforme en rosace de fleurs serrées. Les motifs gothiques font leur apparition : rosaces, dentelures, clochetons découpés dans le bois et rehaussés de filets ou de rosaces.

Le style cathédrale naît dans la seconde moitié de la Restauration. Les motifs d’incrustation et d’ornementation se différencient des précédents ; on retrouve les sources gothiques : ogives, trèfles, rinceau d’arcature très fine.