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Accueil du site / Le style Empire (1804 1815)

Le style Empire

Le début du XIXe siècle sera marqué par la glorieuse époque napoléonienne. Avide de prépondérance absolue, l’Empereur a voulu imposer au monde artistique l’expression de sa grandeur et de son prestige. C’est en partie pour ces raisons que l’Empire puise ses sources d’inspiration dans les grandes civilisations grecque, romaine et égyptienne. Tout le monde expressif, depuis les arts décoratifs en passant par la peinture, l’orfèvrerie, l’architecture, jusqu’aux arts vestimentaires et capillaires est imprégné de l’héritage esthétique de l’Antiquité.

L’Empereur souhaite imposer sa conception de la beauté intimement liée à la notion de somptueux et de noble. Il exige ainsi que tout le domaine public soit le reflet du faste de l’Empire. Pour cela il va établir une centralisation rigide de toutes les activités artistiques qui seront désormais centralisées par Paris et dirigées par les architectes Percier et Fontaine et le peintre David. Les anciennes académies sont supprimées et remplacées par des expositions où des récompenses sont distribuées aux oeuvres qui respectent le style imposé.

L’Empereur ne rencontrera aucune difficulté car il sera suivi par toute une noblesse dépendante qui l’imitera sans se poser de questions. Il en résultera une grande uniformité de production et une réussite foudroyante.

Par ailleurs, pendant cette période, on construit beaucoup, aussi bien des oeuvres architecturales destinées à perpétuer le souvenir des gloires de l’Empereur, que des ensembles urbains transformant les rues et nous léguant un héritage urbaniste des plus brillants.

Les meubles de l’Empire se caractérisent par les matériaux employés, l’ornementation raffinée, les lignes amples et sèches et surtout l’extrême qualité de sa fabrication.

LE MOBILIER

La structure générale des meubles Empire est très sobre, massive avec des angles vifs et des lignes droites ; les surfaces sont planes et les contours géométriques.

Le guéridon est indiscutablement le type de table le plus répandu sous l’Empire. Le plateau rond, en marbre repose sur un pilier central lui même soutenu par un socle en forme de triangle à pans concaves. Le piétement, très variable, peut être en balustre, mais aussi en sphinges ailées, en cariatides, etc. On trouve fréquemment des socles ornés en leur milieu par un vase antique ou une coupe.

L’ORNEMENTATION ET LES MOTIFS DÉCORATIFS

Extrêmement différente de l’époque précédente la table de toilette est néanmoins très appréciée par les élégantes de l’époque.

C’est une table rectangulaire avec plateau de marbre blanc. Le tout repose sur un piétement en X ou en lyre. Sur le dessus, on trouve un tiroir de forme rectangulaire, oblongue, octogonale qui est supporté par des tourillons à deux montants en bronze munis d’une applique de lumière à plusieurs bras.

Une innovation apparaît dans les bureaux plats. Ces derniers sont équipés d’un dessus à coulisse qui, allant d’arrière en avant, recouvre la table à écrire et les papiers qui sont posés dessus.

Un modèle nouveau de commode se répand sous l’Empire : la commode à deux portes. Ce meuble, que l’on appelle aussi bas d’armoire, s’ouvre grâce à deux vantaux dissimulant les tiroirs.

Les bibliothèques, de grande taille mais non sans élégance, n’ont généralement pas de pieds et reposent sur un socle. Les deux tiers du meuble sont vitrés ; le tiers restant est un corps de buffet légèrement saillant.

Les lits, sont réalisés pour être présentés de côté, placés le plus souvent dans une alcôve avec ou sans baldaquin.

On trouve des lits à dossiers droits, mais le modèle le plus caractéristique reste le lit bateau. Ses dossiers, droits ou enroulés, sont reliés entre eux par une traverse incurvée.

Les psychés, prennent beaucoup d’importance sous l’Empire.

La psyché, généralement en acajou, a de hauts montants droits en forme de pyramide ou de colonne surmontée de sculptures (vase, urne, tête antique). Lorsqu’il y a un fronton, il est triangulaire. Le piétement massif est un socle plein ou deux pieds en X. Les bras de lumière, en bronze sont placés à mi hauteur.

Les sièges, sont le plus souvent fabriqués en acajou ; leurs dossiers adoptent la forme droite ou bien enroulée. Mais ce qui caractérise réellement le siège Empire, c’est le prolongement des pieds antérieurs jusqu’aux accotoirs ; auparavant les pieds s’arrêtaient au siège. Les accotoirs sont fréquemment soutenus par des bustes féminins. Les pieds antérieurs prennent des formes extrêmement variées (gaine, cariatide, carrée...) et se terminent en griffes ou en palmettes renversées ; les pieds postérieurs, quant à eux, sont toujours en sabre à section carrée.

Les canapés deviennent très lourds et s’apparentent au lit plutôt qu’au siège, ils sont à 4, 6 ou 8 pieds qui ressemblent à ceux des fauteuils.

La méridienne, canapé très à la mode, se compose de deux dossiers d’inégale hauteur, que relie un troisième dossier aux formes sinueuses.

LES MATÉRIAUX

C’est la période la plus brillante de l’acajou qui est utilisé, soit en placage, soit massif malgré les difficultés à se le procurer.

L’acajou peut revêtir des aspects différents : clair, foncé, ronceux, flammé, moiré.

L’approvisionnement difficile oblige les artisans du meuble à employer d’autres bois, tels que le hêtre, le frêne, l’orme, le buis, l’olivier et quelquefois le citronnier.

L’incrustation de filets, de couronnes et de rosaces remplace la marqueterie disparue depuis l’époque dernière. Le bois peint ou doré n’est que rarement utilisé sur les meubles et les sièges.

Le bronze est à son apogée ; il est seul utilisé comme ornementation. On trouve des bronzes dorés, mats, polis et très finement ciselés ; c’est le bronzier Gouthière qui est l’inventeur de la dorure en mat. Les bronzes sont toujours répartis symétriquement sur les surfaces planes ; ils ne se contentent plus de suivre la découpe du meuble mais en soulignent la structure générale.

Les marbres sont gris ou noirs de préférence et sont taillés à angles droits.

LES ARTISTES

Francis Honoré JACOB DESMALTER (1770 1841)

Ebéniste français et fils de Georges Jacob. Nommé menuisierébéniste de l’Empereur, il travaille pour de nombreuses résidences en France et à l’étranger. Il fut l’ébéniste le plus en vogue de l’époque Empire et aussi le plus riche : ses ateliers comptent jusqu’à 800 ouvriers. Sa production quasi industrielle n’enlève rien à la beauté de ses oeuvres.

Pierre THOMIRE (1751 1843)

Fondeur et bronzier français, il fut l’élève de Gouthière. En 1785, il est nommé ciseleur de la manufacture de Sèvres. Devenu propriétaire de nombreux ateliers, Thomire laissa une grande quantité de bronzes très recherchés.

On ne retrouve pas les moulures chères aux ébénistes de l’ancien régime ; la sculpture est florissante, elle orne les lignes verticales avec des thèmes antiques : sphinx, têtes de béliers, génies ailés, têtes de lions et cariatides soulignent les lignes droites et sobres des meubles.

Les montants des meubles sont souvent dissimulés par un placage d’acajou qui, couvrant tous les assemblages, concourt à une grande uniformité. Lorsqu’ils sont apparents, les montants sont en partie recouverts par une cariatide à section carrée ou par une colonnette détachée qui laisse apparaître l’angle du montant. Les colonnes sont très appréciées. Surajoutées aux angles, elles sont de forme totalement cylindrique, conique et garnies de cuivre à la base comme au sommet.

Les motifs de ciselure du bronze sont également empruntés au monde grécoromain ou égyptien : fougères, feuilles d’acanthe, cornes d’abondance, amphores, abeilles et tridents de Neptune. Les motifs géométriques sont également très en vogue.