Achat d’objets d’art à un particulier
L’achat direct à un particulier est une chance inouïe, malheureusement rare. Si par un heureux hasard, une telle aubaine se présente, savoir que la tractation se faisant à l’amiable est entièrement libre. C’est à dire qu’en cas de litige, aucune responsabilité n’est engagée. L’acheteur reçoit le meuble tel quel, avec ses vices éventuels et sachant qu’aucun recours ne lui sera possible. Le vendeur, quant à lui, n’aura pas plus de possibilités s’il s’aperçoit trop tard qu’il a malencontreusement vendu une pièce rare pour un prix dérisoire. Une cession directe de ce type ne constitue pas un acte commercial et, de ce fait, ne peut être menée devant les tribunaux.
Comment reconnaître les objets d’art ?
Avant de partir pour la longue course à l’objet rêvé, il est préférable d’être armé contre les innombrables marchands de « faux ». Quelques trucs d’antiquaire permettent au néophyte d’éviter de bien malheureuses erreurs.
LE SCIAGE
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le sciage se pratiquait à la main. Si le meuble présente des traces de sciage régulier ou des friselis dus à un rabotage mécanique, il n’est pas ancien et encore moins authentique.
L’ASSEMBLAGE
Autrefois, on pratiquait l’assemblage en queue d’aronde ou en queue d’aronde perdue. Tous les meubles étaient chevillés et non cloués. La couleur des chevilles doit être sensiblement la même que celle de l’ensemble du meuble ; plus claire, elle prouve qu’il est récent.
En aucun cas, le dos d’un meuble ancien ne doit être poli ou verni.
Les faux placages se reconnaissent à leur finesse et à la régularité des découpes faites à la machine.
Les trous dus aux parasites du bois ne sont pas aussi réels qu’ils veulent le bien paraître et ne sont souvent que la trace de plombs fins, tirés à la carabine. Pour s’en assurer, il suffit de faire pénétrer un objet fin et rigide à l’intérieur des trous : si l’objet s’enfonce tout droit, les parasites ne sont pas en cause et les trous ne sont alors que vulgaires trucages.
Jusqu’au XVIe siècle, les horloges ne comportaient qu’une seule aiguille. Avant le XIXe siècle, le balancier était constitué d’une tige plate ou ronde, terminée par un poids, un disque de métal de petite taille ou bien un motif décoratif. Depuis Charles V, toutes les pièces d’argenterie sont officiellement contrôlées, mais les poinçons actuels datent de 1838. Pour connaître avec précision l’époque et la provenance d’une pièce, il est indispensable de se référer à des ouvrages spécialisés.
D’une façon générale, le vendeur doit avertir l’acheteur de la restauration d’un meuble ou d’une oeuvre d’art. Sont considérées comme restauration : la redorure des bronzes, la réargenture des pièces en métal argenté, l’addition de pièces aux meubles, la restauration importante des tableaux et dessins, etc.
Si le vendeur omet d’en faire part, on peut demander l’annulation de la vente pour vice caché.
Les remises en état ou les mesures de conservation ne modifient pas le caractère propre de l’objet d’art ; elles n’ont d’ailleurs pas besoin d’être expressement déclarées. Ces mesures consistent généralement en nettoyage, revernissage, réentoilage, etc.
En cas d’erreur ou de fraude, la meilleure solution est de se mettre en rapport avec le syndicat national des antiquaires, qui fera procéder à des expertises si l’acheteur met en doute l’authenticité d’un meuble ou autre oeuvre d’art. Ces expertises sont gratuites et anonymes. On peut ne pas être d’accord avec les conclusions de ces experts ; dans ce cas, l’ultime solution reste le recours en justice.

