Le style Directoire
Le style Directoire ne correspond pas exactement à la période historique du même nom. En fait le style Directoire va naître au moment de la chute de la Monarchie et disparaîtra avec l’avénement de l’Empire.
C’est donc dans une période très troublée que va se façonner ce style à la fois simple et varié dans ses motifs. On verra successivement les bonnets phrygiens et leurs faisceaux, les motifs égyptiens et enfin les glaives croisés. Néanmoins, le Directoire a deux productions parallèles : l’une luxueuse, en acajou et finement sculptée ; l’autre plus modeste en bois peint de couleurs claires.
Un fait important dans cette période de l’histoire va marquer l’expression artistique en l’appauvrissant. La clientèle traditionnelle n’existe plus, étant remplacée par des parvenus et des spéculateurs argentés mais sans goût et sans culture. Ces nouveaux acheteurs ne se soucient pas de la qualité mais plutôt de la rapidité avec laquelle on exécute le mobilier. Il en résulte une création stagnante qui ne retrouvera son entrain qu’avec l’avénement de l’Empire.
LES MATÉRIAUX
Les diverses crises de l’économie ont directement marqué la production de meubles qui est de plus en plus simplifiée dans ses formes et dans ses matériaux. L’aspect des meubles est typiquement Louis XVI ; on fabrique encore des meubles en bois massif : orme, hêtre, noyer, bois fruitiers mais le plus souvent ils sont peints en couleurs claires : gris, vert pâle, blanc. Seuls les meubles d’apparat sont en acajou massif ou en placage. Sur ces meubles on recommence à pratiquer les incrustations si prisées au X VIII, siècle. Les meubles peints, quant à eux se contentent de simples filets de couleurs qui contrastent avec les motifs sculptés à la façon pompéienne.
LE MOBILIER
Avec ses lignes droites et ses surfaces planes, le mobilier Directoire est empreint de beaucoup de simplicité. L’abolition des métiers de luxe fait l’effet d’un frein sur la création des meubles et le Directoire ne sera nullement novateur en matière de mobilier.
Ce style aura néanmoins apporté les délicats mariages dans les tons de bois : acajou et citronnier par exemple.
Bien que plus légères et plus maniables, les tables ressemblent étrangement à celles du style précédent et n’ont rien perdu de leurs vertus à la fois pratiques et décoratives. Les guéridons reposant sur un pied tripode sont néanmoins caractéristiques de ce style.
D’une manière générale, on trouve encore à peu près tous les bureaux du style Louis XVI : secrétaire à abattant, bureau de dame... Leurs lignes sont droites et ils sont finement marquetés de bois aux tons différents. Les derniers bureaux dos d’âne seront fabriqués pendant la Révolution.
L’ORNEMENTATION ET LES MOTIFS DÉCORATIFS
L’ornementation très simple et discrète puise son inspiration dans les motifs décoratifs grecs et pompéiens et les vertus civiques. Pendant un temps les symboles révolutionnaires (rameaux de chêne, mains jointes, cocardes, coqs gaulois,...) sont à la mode mais rapidement supplantés par les motifs antiques (soupières, urnes, colonnes dégagées, flèches, renommées et fortunes)..
Les motifs décoratifs les plus caractéristiques du style Directoire sont le carré et le rectangle, la palmette et le losange.
Les psychés, apparaissent sous le Consulat et provoquent un certain engouement chez les femmes. Elles se composent d’une grande glace entourée d’un cadre de bois, soutenu par deux montants en forme de colonne reposant sur un socle également en bois. On y trouve parfois deux bras de lumière fixés aux montants. Les psychés sont ornées de palmettes, de cols de cygnes ou de griffes de lion.
C’est sûrement dans les sièges que le peu de pouvoir créatif du Directoire a pu s’affirmer. Ils sont nombreux et adoptent des formes variées ; les dossiers sont ajourés, renversés en forme de crosse, les pieds postérieurs sont incurvés.
Les sièges Directoire sont fabriqués en acajou ou en bois plus ordinaire que l’on peint. C’est à partir de la Révolution que l’on voit apparaître les sièges à dossier enroulé dont la traverse supérieure s’enroule vers l’arrière pour former une volute. Les pieds droits sont tournés en carquois ou en colonnettes baguées ; les pieds arrière sont en forme de sabre.

