Rubriques

Meubles de style
Meubles régionaux
Styles étrangers
Mobilier contemporain
Eléments du décor
Matériaux du decor contemporain
Organiser l’espace
Le décor et ses Matériaux
Aménagement de pièces
Le decor composite
Nature dans la maison
L’objet dans le cadre de vie
Intégrer les objets usuels
Actualités
Accueil du site / Le style Louis XVI (1760 1789)

Le style de Louis XVI

C’est par opposition au style extravagant et tourmenté de la rocaille que se créé le style Louis XVI. La société cultivée et raffinée de l’époque s’est toujours violemment opposée au style fantaisiste du règne de Louis XV et elle trouve, en la personne de Mme de Pompadour, de Diderot et de Jean Jacques Rousseau, de fervents défenseurs des traditions.

Les tendances artistiques de l’époque sont directement inspirées de l’Antiquité et le style Louis XVI en est une libre interprétation. C’est le retour à une élégante sobriété mais sans emphase et sans désir de grandeur. Le goût pour le naturel et le champêtre s’impose peu à peu, et l’on voit la société déserter les appartements et hôtels particuliers pour aller s’installer à la campagne dans de petits châteaux.

Pourtant, malgré ce désir de simplicité, le style Louis XVI n’arrive pas à se détacher complètement de la solennité que lui inflige un monarque absolu. Ce paradoxe s’illustre parfaitement dans le mobilier qui, en voulant se défaire d’une ornementation exubérante, sombre parfois dans la raideur et l’affectation.

LE MOBILIER

L’époque Louis XVI ne voit pas apparaître beaucoup de nouveautés dans son mobilier. C’est surtout dans leur aspect que les meubles vont se modifier. Les artisans menuisiers ou ébénistes sont toujours aussi talentueux, s’attachant à respecter les volumes, l’élégance et la finesse d’exécution.

Le règne de Louis XVI n’apporte pas grande innovation en ce qui concerne les tables. On retrouve à peu près les mêmes modèles qu’à l’époque précédente avec quelques particularités caractérisant le style. Le piétement est devenu rectiligne et souvent cannelé ; un grand nombre de tables ont des pieds se prolongeant en montants jusqu’à la ceinture. Parmi les rares créations de l’époque on peut citer la table « à la Tronchin ». Inventée par Louis Dufour, cette table ingénieuse permet, grâce à un système de crémaillères, de lever à hauteur désirée un plateau muni d’un pupitre, ceci donnant la possibilité de lire et d’écrire assis ou debout.

Le bonheur du jour n’est apparu qu’au milieu du XVIIIO siècle, pendant la période transitoire des règnes de Louis XV et de Louis XVI. Ce petit bureau est plutôt un meuble de dame, les hommes, pour leur part, lui préféraient le bureau à cylindre.

Comme pour les autres meubles, les pieds des commodes se raidissent ; ils sont toujours effilés mais leurs cannelures ne sont pas obligatoires. La décoration des commodes est extrêmement sobre et se compose uniquement de quelques baguettes de cuivre.

Outre les commodes rectilignes, on trouve sous Louis XVI un modèle circulaire dit « en demi lune ». Construite en arc de cercle, cette commode comporte deux ou trois tiroirs en façade et deux vantaux bombés sur ses côtés ; sa traverse inférieure est couramment ornée d’un cul de lampe en bronze doré. On trouve également une commode dite « desserte » : chaque côté de sa façade plate se prolonge pour former deux étagères en quart de cercle.

Les bibliothèques, ne sont plus une série de niches aménagées dans les boiseries et deviennent de plus en plus un meuble à part entière. La bibliothèque se divise en deux parties : la partie inférieure est formée de deux vantaux de bois plein ; la partie supérieure, vitrée, est surmontée d’une corniche.

Le règne de Louis XVI nous a laissé un grand nombre de lits qui portaient tous des noms imagés (à la militaire, à la romaine, à la chinoise, à l’italienne,...) mais qui n’étaient pas spécifiques du style. Ces lits se différenciaient entre eux uniquement par la tapisserie.

LES MATÉRIAUX

Le noyer, le frêne et la loupe de noyer sont utilisés pour la fabrication des meubles courants. Le chêne sert à fabriquer le mobilier de bois massif, à confectionner les sièges et les boiseries sculptées. L’acajou, que l’on découvrait à l’époque précédente connaît toujours autant de succès. Il est employé massif pour les sièges et en placage pour recouvrir de grandes surfaces. Le citronnier, pratiquement pas utilisé sous Louis XV, l’est beaucoup plus sous Louis XVI. Enfin, l’ébène prend un nouveau départ après de nombreuses années d’oubli.

Le bois peint est très à la mode : les boiseries et les sièges sont peints de couleurs claires et agrémentés d’un filet d’or ou d’un réchampis. Le bois doré est toujours utilisé pour les meubles d’apparat.

Le tournage des montants et des pieds de meubles réapparaît avec l’abandon des lignes courbes. Le tournage se trouve en forme de fuseau, en colonne, en carquois, en balustre.

On utilise préférentiellement les motifs géométriques : losanges, damiers entrelacés, sans pour cela abandonner les motifs champêtres qui sont employés en motif central et encadrés par un rectangle ou un médaillon.

L’emploi de la porcelaine se généralise. On la trouve incrustée dans les panneaux des meubles, en dessus de table, sur les abattants des secrétaires. Les plaques de porcelaine peuvent avoir des formes d’animaux, de scènes champêtres et de guirlandes.

Le cuivre est employé sous forme de baguette servant à souligner les moulures, les panneaux, les cannelures. On le trouve également en galerie ajourée qui cerne les dessus de bureaux ou de tables.

L’acier est un matériau nouveau que l’on utilisq en plaque pour cerner la ceinture de certains meubles. On le trouve également sous forme de piétement ou guéridon en trépied.

Le marbre, enfin, constitue toujours le matériau préférentiel pour recouvrir le dessus des tables, des commodes et de certains bureaux.

Tout comme à l’époque précédente, on trouve sous Louis XVI une grande quantité de sièges : fauteuils, chaises, canapés et lits de repos ; mais si tous ces sièges ont gagné en élégance et en légèreté, ils ont néanmoins beaucoup perdu en confort. Ils sont fabriqués en hêtre ou en noyer ; on les laisse naturels ou on les peint comme les lambris ; le bois doré est assez rare et réservé aux sièges d’apparat. On distingue deux formes de dossiers : à la reine et en cabriolet. Le premier est plat, de forme carrée ou rectangulaire, ses angles sont abattus ou échancrés. Le second est légèrement creux, de forme ovale (en médaillon), carrée, ronde ou rectangulaire.

Les pieds des sièges Louis XVI sont toujours rectilignes et rattachés à la ceinture par un cube que l’on nomme dé de raccordement.

Ce dé est souvent orné d’une rosace ou d’une marguerite. Les pieds sont tournés en carquois ; ultérieurement, les pieds arrière se recourberont vers l’extérieur et deviendront « en sabre ».

LES ARTISTES

Georges JACOB (1739 1814)

Menuisier et ébéniste français dont la production de style néo classique est très importante. A partir de 1773, il travaille à la cour et fait partie des créateurs du style « Louis XVI à la grecque », mariage des bois nouveaux et des détails antiques... Il fut le premier à adopter le bois d’acajou pour les sièges. On lui doit les chaises à dossier ajouré. La production marquera beaucoup le style Directoire.

Jean François LELEU (1729 1807)

Ebéniste français et élève de Oëben, il devient rapidement l’un des ébénistes les plus prisés du règne de Louis XVI. Il travaille surtout pour la grande noblesse et particulièrement pour Marie Antoinette et Madame du Barry. Il excellait surtout dans les marqueteries à losanges, à rosaces ou à bouquets.

Jean Henri RIESENER (1734 1806)

Ebéniste français d’origine allemande, il vient vivre à Paris et entre dans l’atelier d’Oëben en 1754. A la mort de ce dernier, il prend la direction de l’atelier. En 1774 ii succède à Joubert comme ébéniste du Roi. Sans être un novateur, Riesener adopta très vite les nouvelles tendances et les interpréta toujours brillamment. Pour un grand nombre de ses contemporains il restera le meilleur ébéniste du XVIII° siècle.

L’ORNEMENTATION ET LES MOTIFS DÉCORATIFS

Comme nous l’avons vu précédemment, le style Louis XVI a trouvé ses sources d’inspiration dans l’Antiquité. C’est donc le retour de la ligne droite et de la symétrie : les lignes parallèles sont soulignées par des lignes perpendiculaires. La courbe et la sinuosité sont totalement délaissées, toutefois une exception est faite pour le demi cercle et l’éllipse.

Ici l’ornementation n’est pas employée pour dissimuler la raideur des lignes, mais pour l’adoucir en respectant la symétrie absolue. Néanmoins, afin de pallier trop de rigidité, les ébénistes utilisent les pans coupés.

La mouluration est inspirée de moulures antiques qui sont traitées avec finesse et élégance ; elle est beaucoup moins marquée qu’auparavant.

Les surfaces des meubles sont harmonieusement divisées et les proportions entre les vides et les pleins sont parfaitement équilibrées.

Les panneaux garnis d’une rosace en feuille d’acanthe, prennent la forme carrée, rectangulaire ou cintrée. Les angles sont échancrés en rond ou en carré et l’échancrure, elle aussi, est parée d’une rosace.

Le motif décoratif qui était central sous Louis XV se trouve maintenant en haut et en bas des panneaux.

Outre l’art antique, l’ornementation puise son inspiration dans les motifs architecturaux que l’on emploie soit comme support, soit comme élément décoratif. On trouve des balustres droits, des pilastres simples ou cannelés, des cannelures (que l’on appelle aussi asperges lorsqu’elles se terminent par un épi), des colonnes, des cariatides, des consoles.

On conserve les ornements classiques tels que : les oves, les feuilles d’acanthe, les godrons, les entrelacs, les cornes d’abondance. A tout cela on ajoute la reproduction d’objets trouvés dans les fouilles, ce sont des vases, des cassolettes, des urnes, des chimères, des sirènes.

Mais ce qui caractérise le plus l’ornementation du style Louis XVI, ce sont les médaillons ovales surmontés d’un noeud à boucle, le chapelet de piastres, le noeud plat à deux boucles, les petits motifs répétés en ligne.