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Accueil du site / Louis XV (1730 1760)

Style de louis XV

C’est avec le règne de Louis XV que vont s’affirmer, avec une suprême élégance, les innovations du style Régence. Cette période va donner définitivement son autonomie à l’expression artistique française : pour la première fois depuis le Moyen Age, le culte de l’Antiquité et du classicisme italien cesse d’être la source d’influence où les artistes puisent les formes et les décors.

Le style Louis XV s’oppose catégoriquement à la rigueur classique et cette époque voit éclater le triomphe de la Rocaille. Elle donne son empreinte à l’ensemble du mobilier ; toutefois certains meubles sont plus directement touchés : les lits, les consoles d’appliques, les sièges « meublants », tous meubles de menuiserie.

La société sous Louis XV est raffinée, sensuelle, n’oublions pas que nous sommes en pleine époque des favorites. Cet état d’esprit se retrouve dans l’attirance pour les appartements plus réduits et plus confortables. L’intimité se créa grâce aux petites pièces, qui deviennent de plus en plus spécifiques : salon de musique, salon de compagnie, boudoir, bibliothèque, cabinet à écrire et vers 1740 la salle à manger.

Le décor intérieur de toutes ces pièces a pour objectifs principaux : l’élégance, le raffinement mais aussi le bien être. Les éléments froids disparaissent au profit des éléments chauds : aux murs, vernis et sculptés. Au sol, le dallage disparaît, remplacé par le parquet en marqueterie.

L’enthousiasme que produit ce style tout en légèreté et en délicatesse fait naître une nouvelle industrie : celle du meuble. Les plus grands ébénistes fabriquent en série et font revendre, leurs productions par des intermédiaires appelés marchands merciers. Leur rôle devient rapidement important ; ils encouragent les ébénistes travaillant pour eux, conseillent et entretiennent ce goût chez la clientèle, coordonnent les différents corps de métier afin de conserver à ce style toute son unité.

LE MOBILIER

Le règne de Louis XV assiste à la naissance d’un nouveau raffinement merveilleusement interprété dans la grande variété des petits meubles ingénieux, divers, spécifiques et rationnels, emprunts d’une fantaisie précieuse.

C’est à l’époque de Louis XV que les traverses d’entrejambe et les entretoises disparaissent. Tous ces meubles comportent des pieds cambrés en pied de biche très fins et élancés se terminant par un sabot de bronze doré ou par une volute de bois reposant sur un dé.

L’ORNEMENTATION ET LES MOTIFS DÉCORATIFS

Ce qui caractérise l’ornementation des meubles Louis XV c’est tout d’abord son exaltation de la ligne courbe, puis sa vive réaction contre la symétrie si rigoureusement utilisée sous Louis XIV. Comme nous venons de le dire, les lignes s’adoucissent systématiquement, les courbes sont en S ou en C, ce qui donne à celles ci une sinuosité gracieuse. Le style Louis XV prend résolument le parti de camoufler les lignes droites par des motifs ou des moulurations. L’ornementation est directement liée à la rocaille, dont les trois ornemanistes, Oppenôrdt, Meissonnier et Pineau ont imposé le style. Ce style prône l’ondulation des lignes ; les oppôsitions de courbes, la mouluration nerveuse. Ses principaux motifs sont les coquillages, des crustacés, des fleurs, des feuilles d’acanthe, des feuillages entrelacés, des oiseaux, etc. Tous ces motifs sont tourmentés, extravagants et asymétriques.

Les plateaux sont rectangulaires et débordent des ceintures. Leur pourtour sinueux est agrémenté ou non de moulures de bronze.

On trouve dans les salles à manger une petite table ronde, carrée ou rectangulaire appelée servante et que l’on utilise afin de pouvoir se dispenser de personnel lors de repas intimes. Cette table comporte des tablettes et des tiroirs ; sa partie supérieure est évidée et revêtue de plomb permettant ainsi de garder les boissons fraîches.

Parmi les innombrables petits meubles, on peut citer le rognon (ou haricot) qui est un meuble d’appui typique : il sert à recevoir bibelots, flambeaux ou plateaux lors des réceptions.

Etant de plus en plus utilisés, les bureaux et secrétaires tendent à se diversifier. On rencontre encore beaucoup de bureaux plats, mais la mode est plutôt aux petits secrétaires. Le plus ingénieux est incontestablement le bureau de dame, (appelé aussi bureau capucin).

Le secrétaire de dame est également une création de l’époque. Très raffiné, sa silhouette est légèrement galbée. Il se compose de deux corps : l’inférieur formé par deux vantaux ; le supérieur clos par deux volets coulissants. Les volets dissimulent une série de tiroirs et une petite armoire. Un tiroir horizontal sépare les deux parties.

Les commodes, sont très richement ornées par les ébénistes de l’époque qui contrairement à leurs prédécesseurs ne font plus épouser l’ornementation aux lignes générales du meuble. Le plateau, fréquemment en marbre, a ses bords chantournés, tandis que le corps, au niveau des angles, des pieds, des poignées et des serrures, est garni de bronze ciselé ;

La ligne générale est galbée, soutenue par des pieds plus ou moins élancés. La traverse inférieure, de forme très ondulée, est décorée d’un cul de lampe en bronze.

Les armoires et les buffets,

sont des meubles réalisés pour la plupart en bois massif, par des artisans menuisiers provinciaux. Les plus belles réalisations sont normandes ou provençales.

Les armoires possèdent toutes un fronton cintré, sinueux, qui est mouluré et orné d’un motif central. La traverse inférieure est festonnée et garnie de légères sculptures qui se prolongent jusqu’aux pieds ; ceux ci sont contournés et se terminent par une ample volute reposant sur un dé. Les vantaux sont moulurés et leurs contours chantournés, Les entrées de serrures et les gonds sont en métal travaillé et ciselé.

Le vaisselier se différencie du bas d’armoire par la présence d’un deuxième corps supérieur reposant en retrait sur le corps inférieur et composé de tablettes et d’étagères à fond plein.

C’est incontestablement à la présence de la reine que l’on doit l’apparition du lit à la polonaise. C’est un lit à deux dossiers, cerné par quatre montants d’où part une armature en fer soutenant le baldaquin.

Le règne de Louis XV voit apparaître une foule de sièges nouveaux. Leurs formes sont pleines de grâce et de légèreté ; ils deviennent confortables grâce à l’invention de l’élastique qui sera à l’origine de notre ressort.

Les sièges sont fabriqués en chêne, en noyer ou en hêtre ; le plus souvent ils sont peints ou dorés, le bois naturel étant réservé aux sièges cannés. Les dossiers sont assez bas et concaves afin d’épouser la ligne du corps.

Les supports d’accotoirs sont en retrait, ceci à cause de la mode des robes à paniers. La mouluration est fine et délicate, la décoration, sobre, se trouve le plus généralement au centre de la ceinture et en haut du dossier. Les pieds prennent la forme d’un S et sont garnis d’une feuille d’acanthe ; ils se terminent par un enroulement que l’on nomme roquillard.